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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 21:27

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La Maladie de la mort

Marguerite Duras

 

 

 

J’ai découvert ce livre dans le cadre du challenge « Les coups de cœur de la blogosphère ».

 

 

 

Ce livre a été publié en 1982. Un homme paye une femme inconnue pour qu’elle passe quelques nuits avec lui et se soumette à toutes ses envies. L’objectif de cet homme est de connaître cet être différent de lui. Il la touche, pleure contre elle, s’endort sur son corps, le découvre physiquement, apprends comment la toucher, mais il demeure incapable de l’aimer.

 

La femme reconnaît en lui « la maladie de la mort ». L’impossibilité d’aimer. Elle lui dit qu’elle avait reconnue en lui cette maladie dès le début.

 

L’homme pleure devant son incapacité de voir et d’aimer. La femme lui dit que ce n’est pas la peine de pleurer sur lui-même.

 

Le texte est énoncé au présent par une voix qui s’adresse à l’homme. Cette voix lui raconte ce que lui-même a découvert ou ressenti.

 

C’est un style d’écriture très agréable et rapide à lire, cependant, il faut faire attention à la finesse du texte. C’est un langage poétique, qui se prête à être interprété. C’est un texte à réfléchir et à savourer.

 

Il y a aussi beaucoup de sensualité dans les descriptions. La façon utilisée de décrire l’acte de l’amour est directe et poétique sans être vulgaire.

 

Dans quelques recherches que j’ai fait on disait que l’homme avait payé une prostitué, je ne crois pas que c’est le cas. Elle était une femme comme n’importe quelle autre, qu'il ne connaissait pas, qu’il a trouvé dans un endroit normal quelconque (« l’avoir trouvé partou à la fois, dans un hôtel, dans une rue, dans un train, dans un bar, dans un livre… »).

 

Un jour il lui pose la question :

« Vous lui demandez si elle est une prostituée. Elle fait signe que non.

Vous lui demandez pourquoi elle a accepté le contrat des nuits payées.

Elle répond d’une voix encore endormie, presque inaudible : Parce que dès que vous m’avez parlé j’ai vu que vous étiez atteint de la maladie de la mort. »

   

Il est incapable de ressentir l’amour , il ne l’a jamais connu.

  

« Les pleurs la réveillent. Elle vous regarde. Elle regarde la chambre. Et de nouveau elle vous regarde. Elle caresse votre main. Elle demande : Vous pleurez pourquoi ? Vous dites que c’est à elle de dire pourquoi vous pleurez, que c’est elle qui devrait savoir.

Elle répond tout bas, dans la douceur : Parce que vous n’aimez pas. Vous répondez que c’est ça.

Elle vous demande de le lui dire clairement. Vous lui dites : Je n’aime pas.

Elle dit : Jamais ? Vous dites : Jamais. »

 

Il la regardait sans pouvoir la voir :

 

« Vous lui dites : vous devez être très belle.

Elle dit : je suis là, regardez, je suis devant vous.

Vous dites : Je ne vois rien. »

 

Il craint cet être méconnu, il craint sa différence, son regard.

 

« Le regard.

Vous découvrez qu’elle vous regarde.

Vous criez. Elle se retourne vers le mur.

Elle dit : ça va être la fin, n’ayez pas peur. »

 

« Vous entrez dans la chambre. Elle dort. Vous ne comprenez pas. Elle dort, nue, à sa place dans le lit. Vous ne comprenez pas comment il est possible qu’elle ignore vos pleurs, qu’elle soit par elle-même protégée de vous, qu’elle ignore à ce point encombrer le monde tout entier. »

 

« Vous ne regardez plus. Vous ne regardez plus rien. Vous fermez les yeux pour vous retrouver dans votre différence, dans votre mort. 

Lorsque vous ouvrez les yeux, elle est là, toujours, elle est encore là. »

 

« Vous découvrez que c’est là, en elle, que se fomente la maladie de la mort, que c’est cette forme devant vous déployée qui décrète la maladie de la mort. »

 

« Vous voudriez voir tout d’une femme, cela autant que puisse se faire. Vous ne voyez que cela vous est impossible . »

 

Au bout de quelques nuits de approche, lorsqu’on a l’impression qu'il pourrait apprendre à aimer, c’est fini : elle disparaît.

 

« Ainsi cependant vous avez pu vivre cet amour de la seule façon qui puisse se faire pour vous, en le perdant avant qu’il soit advenu. »

 

 

 

Je ne connaissais pas ce récit. J’avais déjà vu des films basés sur l’œuvre de Marguerite Duras mais pas vraiment lu un de ses textes. Les challenges entre blogs on cet aspect de nous « proposer » des lectures que l’on ne mettrait pas forcement dans nos PAL prioritaires. J’ai apprécié le livre, c’est une belle découverte.

 

 

 

 

 

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commentaires

troubleshooting outlook 2010 29/08/2014 09:45

Wow! That is a wonderful topic you have selected for your project and I liked the name of the book ‘the disease of death’ that is catchy for this theme. I want to read this let me check in my library first.

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